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Accueillir un nouveau chien ou un nouveau chat après la disparition d'un compagnon

il y a 21 heures
8 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 2 heures



Pourquoi le deuil animalier est-il si difficile à vivre ? Comprendre les émotions après la perte d'un compagnon

Accueillir un nouveau chien ou un nouveau chat après la disparition d'un compagnon peut être une décision heureuse… et pourtant déstabilisante. Même lorsque l'on est sincèrement heureux de rencontrer ce nouvel animal, une comparaison peut surgir presque automatiquement : « Mon ancien chien faisait cela autrement », « Mon chat venait toujours dormir ici », « Il n'est pas aussi affectueux ».


Ces pensées peuvent être accompagnées de tristesse, de culpabilité ou même d'une impression de ne pas réussir à aimer suffisamment le nouveau compagnon.

Pourtant, comparer ne signifie pas nécessairement que l'on rejette le nouvel animal. Cette réaction peut simplement traduire la profondeur du lien qui existait avec celui qui est mort.

Lorsque l'arrivée d'un nouvel animal s'accompagne de nombreuses interrogations sur son comportement, ses réactions ou la manière de construire cette nouvelle relation, un accompagnement personnalisé peut également être utile. Selon les besoins, un bilan comportemental, un suivi ou un coaching permet de mieux comprendre les réactions de son animal et d'adapter progressivement son quotidien.


À retenir :

•   Comparer un nouvel animal à celui que l'on a perdu est une réaction fréquente après un deuil.

•    Les souvenirs de l'ancien compagnon peuvent servir de référence pour interpréter le comportement

du nouveau.

•   Un nouvel animal ne peut pas reproduire exactement une relation construite pendant plusieurs

années.

•   La comparaison devient problématique lorsqu'elle transforme le nouveau compagnon en

« remplaçant ».

•   Chaque chien ou chaque chat possède sa propre personnalité, ses besoins et sa manière de créer

du lien.

•   Il est possible d'aimer profondément un nouvel animal sans aimer la relation de la même façon.

•   La nouvelle relation a besoin de temps pour se construire sans être constamment mesurée à

l'ancienne.




Pourquoi compare-t-on un nouvel animal à celui que l'on a perdu ?


La première raison est simple : l'ancien animal constituait une référence quotidienne.

Pendant plusieurs années, ses habitudes étaient connues. On savait comment il demandait à sortir, où il dormait, comment il réagissait à certaines situations, quelle était sa façon de manifester son affection ou encore comment il accueillait son humain.

Après sa disparition, ces repères ne disparaissent pas immédiatement.

Le cerveau et la mémoire continuent à fonctionner à partir des habitudes construites auparavant. Une nouvelle situation est donc spontanément comparée à ce qui est déjà connu.

Cette logique explique pourquoi le nouveau chien peut sembler « trop énergique », le nouveau chat « moins câlin », ou au contraire étonnamment similaire à l'animal disparu.

La comparaison peut alors être moins un jugement porté sur le nouvel animal qu'une manière de mesurer la différence entre ce qui était familier et ce qui est nouveau.


Le nouvel animal arrive dans une histoire qui a déjà commencé


Lorsqu'un chien ou un chat rejoint une famille après un décès, il n'arrive pas dans une maison émotionnellement neutre.

Il arrive dans un foyer qui possède déjà des souvenirs, des habitudes, des photographies, des objets et parfois même des réflexes construits autour d'un autre animal.

C'est particulièrement important lorsque le compagnon disparu a partagé dix ou quinze années de vie avec la famille.


Le nouvel animal peut donc être confronté, malgré lui, à une comparaison invisible :

•     l'ancien chien attendait derrière la porte ;

•     le nouveau ne le fait pas ;

•     l'ancien chat dormait sur le lit ;

•     le nouveau préfère une autre pièce ;

•     l'ancien animal était très calme ;

•     le nouveau est beaucoup plus joueur ;

•     l'ancien connaissait parfaitement les routines familiales ;

•     le nouveau doit encore apprendre à vivre avec elles.


Ces différences sont normales.

Elles ne signifient pas que le nouveau compagnon est moins attachant. Elles montrent simplement qu'une nouvelle relation est en train de commencer.



Pourquoi le nouvel animal peut-il sembler «moins bien» que l'ancien ?


Le souvenir modifie parfois la manière dont nous percevons l'animal disparu.

Avec le temps, les moments les plus affectueux, les habitudes adorables et les souvenirs heureux prennent souvent une place très importante dans notre mémoire. Les difficultés du quotidien peuvent, elles, devenir moins présentes.

Le nouvel animal est alors comparé à une représentation particulièrement positive de l'ancien.

C'est une comparaison difficile à gagner.

Le vétérinaire et chercheur de Texas A&M W. Wendt résume cette difficulté avec une formule très directe : « Your deceased pet is irreplaceable. »

Son conseil est de ne pas adopter un animal avec l'objectif de remplacer celui qui est mort, car les attentes risquent de conduire à la déception.

Le problème n'est donc pas que le nouveau chien soit moins gentil, moins intelligent ou moins affectueux.

Il est simplement un autre individu.



Même race, même couleur : la ressemblance peut-elle renforcer les comparaisons ?


Oui.

Choisir volontairement une race, une couleur ou un type d'animal proche de celui que l'on vient de perdre peut rendre certaines associations plus immédiates.

Un Golden Retriever qui ressemble physiquement au précédent compagnon, par exemple, peut rappeler instantanément certaines attitudes ou certains souvenirs.

Mais la ressemblance physique ne signifie pas ressemblance comportementale.

Deux chiens de la même race peuvent avoir des tempéraments très différents. Deux chats ayant la même apparence peuvent avoir des besoins sociaux, des habitudes et des manières de communiquer totalement différentes.

L'AKC rapporte d'ailleurs que les comparaisons peuvent être particulièrement fortes lorsque le nouveau chien ressemble à l'ancien ou appartient à la même race. La spécialiste citée par l'organisation insiste sur l'importance de laisser au nouvel animal la possibilité de développer sa propre personnalité.

La question n'est donc pas forcément de choisir un animal complètement différent.

L'essentiel est de pouvoir accueillir celui qui arrive pour ce qu'il est.


Peut-on aimer un nouvel animal sans ressentir exactement la même chose ?


Oui. Et c'est probablement l'une des idées les plus importantes à comprendre.

Une relation ne se mesure pas uniquement à son intensité.

Elle possède aussi une histoire, un contexte et une personnalité.

Le lien que vous aviez avec votre ancien chien s'est construit au fil des années : premières promenades, maladies, déménagements, vacances, habitudes du matin, moments difficiles, vieillissement…

Votre nouveau compagnon ne peut pas posséder cette histoire.

Il ne peut donc pas reproduire exactement les mêmes émotions.

Cela ne signifie pas que la nouvelle relation sera moins forte. Elle sera différente.

Les travaux consacrés à l'attachement et au deuil animalier montrent justement que le lien avec un animal disparu peut continuer à exister à travers les souvenirs, les rituels et différentes formes de « lien continu ». Le but n'est donc pas nécessairement de supprimer l'attachement ancien pour pouvoir créer un nouveau lien.

On peut garder une place pour celui qui est parti tout en découvrant progressivement la personnalité de celui qui est arrivé.


Quand la comparaison devient-elle problématique ?


La comparaison devient surtout préoccupante lorsqu'elle empêche le nouvel animal d'exister pour lui-même.


Quelques signes doivent inviter à prendre du recul :

•     penser constamment que le nouveau compagnon « devrait » agir comme l'ancien ;

•     être systématiquement déçu par ses différences ;

•     lui reprocher un comportement que l'ancien n'avait pas ;

•     attendre qu'il reproduise les mêmes habitudes ;

•     lui attribuer implicitement le rôle de remplaçant ;

•     avoir du mal à créer de nouveaux souvenirs avec lui.


Dans ce cas, il peut être utile de revenir à une question simple :

« Qui est réellement cet animal, indépendamment de celui que j'ai perdu ? »

Cette question change progressivement le regard.

Elle permet de passer de la comparaison à l'observation.




Comment construire une nouvelle relation avec son chien ou son chat ?


Il n'est pas nécessaire d'essayer d'effacer les souvenirs de l'ancien animal.

Il peut être beaucoup plus utile de créer volontairement de nouveaux repères.


1. Observer avant d'attendre

  • Comment le nouveau compagnon communique-t-il ?

  • Que préfère-t-il ?

  • Comment manifeste-t-il son affection ?

  • De quoi a-t-il besoin lorsqu'il est stressé ?


2. Accepter ses différences

  • Une différence n'est pas nécessairement un défaut.

  • Un chien plus indépendant n'aime pas moins son humain. Un chat moins démonstratif peut avoir une autre manière de rechercher la proximité.


3. Créer de nouveaux souvenirs

  • Une promenade différente, un nouveau jeu, un nouveau rituel du soir ou un endroit préféré peuvent progressivement devenir associés au nouvel animal.


4. Ne pas chercher à reproduire l'ancienne relation

  • Le nouvel animal n'a pas à reprendre la place exacte laissée vacante.

  • Il peut trouver sa propre place.


Et si l'on se sent coupable de ne pas aimer le nouveau compagnon comme l'ancien ?


Cette culpabilité mérite également d'être accueillie avec douceur.

Il est possible de ressentir simultanément de l'amour pour l'animal disparu, de la tendresse pour le nouveau et encore beaucoup de tristesse.

Le deuil n'est pas un processus parfaitement linéaire.

Le modèle du processus dual de Margaret Stroebe et Henk Schut décrit justement une alternance entre des moments centrés sur la perte et d'autres davantage tournés vers l'adaptation à la vie quotidienne. Autrement dit, avancer dans sa vie n'implique pas de cesser de ressentir le manque.

Une journée peut être consacrée à la tristesse et une autre à la découverte amusante d'un nouveau compagnon.

Ces expériences ne s'annulent pas.


Que faire lorsque les comparaisons deviennent trop douloureuses ?


La première étape peut simplement consister à mettre des mots sur ce qui se passe.

Parfois, derrière « mon nouveau chien n'est pas comme l'ancien » se trouve en réalité :

« Je réalise à quel point mon ancien compagnon me manque. »

Derrière « mon chat ne m'aime pas autant » peut se cacher :

« Je regrette la relation que j'avais construite avec celui qui est mort. »

 

Des ressources consacrées au deuil animalier, comme celles proposées par En-Paix.fr, peuvent également aider à mieux comprendre ce qui se joue après la perte d'un chien ou d'un chat. Mettre des mots sur l'absence, les souvenirs, la culpabilité ou les changements émotionnels qui accompagnent cette période peut permettre de mieux distinguer ce qui appartient au deuil de ce qui concerne réellement la relation avec le nouveau compagnon.

Cette distinction est essentielle.

Elle permet de ne pas faire porter au nouvel animal une émotion qui appartient au processus de deuil.

Si le besoin de comprendre ce que l'on traverse devient important, il peut être utile de consulter des ressources consacrées au deuil et au souvenir animalier. Un guide complet du deuil animalier peut notamment aider à mettre des mots sur les différentes réactions émotionnelles qui suivent la perte d'un chien ou d'un chat.

 

Préserver la mémoire de l'animal disparu n'empêche pas de créer une nouvelle histoire.

Au contraire, certaines personnes trouvent plus facile d'accueillir un nouveau compagnon lorsqu'elles ont pu donner une place claire au souvenir de celui qui est parti.



Faut-il attendre d'avoir complètement fait son deuil avant d'adopter ?


Il n'existe pas de calendrier universel.

La RSPCA rappelle que certaines personnes attendent plusieurs années alors que d'autres accueillent un nouvel animal beaucoup plus rapidement. La décision dépend notamment de la situation personnelle, du mode de vie, des autres animaux présents dans le foyer et de l'état émotionnel de chacun.

Le véritable enjeu n'est donc pas de déterminer si trois semaines, trois mois ou un an constituent le « bon » délai.

Il est plutôt de se demander :

« Suis-je capable d'accueillir cet animal comme un individu, sans lui demander inconsciemment de devenir celui que j'ai perdu ? »

Si la réponse est oui, une nouvelle relation peut commencer.

Et si la réponse est non, cela ne signifie pas que l'on ne pourra jamais aimer un autre animal. Cela signifie simplement qu'il faut peut-être encore un peu de temps.

Lorsque la douleur reste très intense ou que le besoin d'en parler devient important, pouvoir échanger avec des personnes qui comprennent réellement la place qu'un animal peut occuper dans une vie peut également être précieux.

 

Le nouveau compagnon n'a pas à remplacer celui qui est parti


Au fond, comparer son nouvel animal à celui que l'on a perdu est souvent le signe d'une transition entre deux histoires.

L'ancienne relation existe encore dans les souvenirs.

La nouvelle n'est pas encore construite.

Cette transition peut aussi être l'occasion de donner une place différente au souvenir de l'animal disparu. Préserver sa mémoire, raconter son histoire et reconnaître la place qu'il a occupée dans la famille ne signifie pas empêcher une nouvelle relation de se construire. Des ressources dédiées au souvenir des animaux disparus peuvent accompagner cette démarche et aider chacun à trouver sa propre manière de faire vivre cette mémoire.


Entre les deux, il peut y avoir une période de flottement, de doute, de tristesse et parfois même de culpabilité.

Il n'est pas nécessaire de choisir entre « rester fidèle » à l'animal disparu et aimer celui qui arrive.

Le souvenir peut rester.

La relation peut changer.

Et un nouveau chien ou un nouveau chat peut, progressivement, trouver une place qui ne ressemble à aucune autre.

Il ne sera jamais celui que vous avez perdu.

Et c'est précisément ce qui lui permettra de devenir lui-même.



 
 
 

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